Patrimoine et transports à Rambouillet. A l'aube des années 1840, Rambouillet figure au nombre des principaux marchés concourrant à l'approvisionnement de la capitale, mais les Rambolitains s'inquiètent...

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La première gare de chemin de fer

19ème édition des Journées du Patrimoine
Patrimoine et transports à Rambouillet

La gare de chemin de fer

A l'aube des années 1840, Rambouillet figure au nombre des principaux marchés concourrant à l'approvisionnement de la capitale, mais les Rambolitains s'inquiètent d'être privés des moyens de transports rapides et économiques dont les autres sont dotés.

Corbeil, Etampes et Saint-Germain ont leur chemin de fer, Pontoise est bientôt desservie, Meaux jouit depuis longtemps des facilités de son canal et de ses bateaux poste. Sans le rail, c'est à terme la ruine promise du commerce et de l'industrie locale, et la route royale n 10 que la municipalité souhaiterait associer aux flux du réseau ferroviaire pourrait bien voir disparaître les diligences.

Le 1er septembre 1841, une séance extraordinaire du conseil municipal fait le point sur l'urgence d'une gare de chemin de fer à Rambouillet. A 7 heures ce soir là, neuf voix sur quatorze défendent le projet, déjà solidement argumenté : "… à Rambouillet en particulier, un chemin de fer sera très utile, (…) son commerce qui consiste en bois et en grains ne peut que gagner à une communication plus rapide avec Versailles et Paris ; (…) les habitants de la capitale (…) y viendront en plus grand nombre visiter sa forêt, son parc, son château si riche de souvenirs, (…) ce chemin y ramènera la vie et le mouvement, (…) enfin les travaux qui seront nécessités par la construction et l'entretien de cette nouvelle voie de communication occuperont un grand nombre de bras et l'on sait que la population de Rambouillet est divisée en très grande partie de pauvres journaliers privés depuis plusieurs années des ressources que leur offraient les travaux exécutés chaque année par le domaine (1) ".

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Le chantier de la ligne Versailles-Chartres ouvre en 1844, et le rapport ayant pour objet (…) de fixer les stations à établir sur la 1ère section du chemin de fer de Paris à Rennes, dans l'arrondissement de Rambouillet, est validé par la préfecture le 20 février 1847 : " Deux emplacements étaient possibles pour la station de Rambouillet, l'un près de la route départementale n 8, l'autre au point de rencontre de la route royale (…) 191.

On a donné la préférence au 1er emplacement parce que la station en cet endroit peut être placée au niveau du sol naturel ; qu'il existe un grand nombre de chemins qui y aboutissent, et qu'enfin dans cette position, elle est moins éloignée du faubourg de Groussay, auquel on peut arriver facilement par les derrières de la ville. D'ailleurs la rue de la Garenne donnera un accès direct à la station pour tous les voyageurs qui viendront du côté d'Ablis par la route royale (…) 191.

Enfin, un dernier motif qui a fait préférer la position près de la route départementale n 8 à celle sur la route royale (…) 191, c'est que sur cette dernière route, on n'aurait pu avoir qu'une station en déblai ou en remblai d'un abord fort difficile aux voitures, tandis qu'il importe de ménager pour les marchandises un accès convenable à Rambouillet, où il y aura nécessairement des chargements de grains et de farines (2) ".


Construit avant 1849 pour le chemin de fer, comme ceux de la rue Lenotre et de la rue d'Arbouville auxquels il s'apparente par son appareillage en meulière, le pont Hardi témoigne d'une certaine hardiesse dans sa conception architecturale, d'où son nom. Collection Daniel Grignon.

Le 12 juillet 1849, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest ouvre la ligne au public. La gare, qui a la particularité d'abriter un salon présidentiel, accueille sous la Troisième République les hommes politiques du pays, venus au château dès les beaux jours pour le conseil des ministres.
Les visites en grande pompe des souverains étrangers (le roi de Grèce en 1896, le roi de Serbie en 1897, le roi d'Italie en 1904, le roi d'Espagne en 1906, le roi de Suède et l'empereur du Siam en 1908, etc…) suscitent la curiosité des citadins et mobilisent la garde républicaine, conférant à cette station du rail un panache tout officiel.
Le chemin de fer, tout en accélérant l'urbanisation du bourg, rend possibles de nouveaux loisirs.

Les parisiens investissent les trains de plaisir et se divertissent au grand air. Pour la fête du Muguet le 18 mai 1913, il est prévu d'accueillir en fanfare l'arrivée du train de 8h47. Dès 1883, le maire de Rambouillet fait " signer par les habitants (…) une pétition tendant à obtenir de la Compagnie de l'Ouest un train dit de théâtre partant soit de la gare Montparnasse, soit de la gare Saint-Lazare, tous les soirs à minuit et demi (3) ".
La première station de chemin de fer disparaît dans le bombardement américain du 12 août 1944 qui tue aussi monsieur Prud'homme, chef de gare. Un baraquement provisoire s'éternise jusqu'à la construction en 1956 de la gare actuelle, inaugurée par René Coty.



Le déraillement du Paris-Angers à Rambouillet. Collection Daniel Grignon.

Le déraillement à Rambouillet du rapide Paris-Angers. L'Indépendant du 6 janvier 1911 relate l'accident : " Ce matin, vers onze heures, le rapide Paris-Angers a déraillé à la hauteur du pont neuf, petit pont de bois qui fait franchir la voie ferrée au chemin de l'Etang Neuf au Pâtis. Pendant deux cents mètres la locomotive et le convoi ont bouleversé la voie, fort heureusement sans sortir du remblai, ce qui eut certainement aggravé l'accident, car les bois riverains sont en fort contrebas. La locomotive et le tender sont restés debout au milieu de la ligne, mais un peu plus loin, un wagon-restaurant, un wagon de 1ère classe, sont presque complètement couchés, tandis que les wagons suivants sont plus ou moins endommagés. On ne peut se figurer à quel point les rails de la ligne descendante comme de la ligne montante sont ravagés, les traverses elles-mêmes sont sens dessus dessous. Fort heureusement, grâce au
parcours de deux cents mètres qui a rempli l'office de freinage, les voyageurs, peu nombreux, n'ont été que légèrement contusionnés. Une quinzaine de blessés se sont faits connaître et ont reçu les soins des docteurs Villeneuve et Humbert (…). Toute la journée, malgré le froid, les Rambolitains ont été contempler le déraillement. Les photographes et journalistes ont pu opérer à l'aise, l'accès de la voie étant facile par le passage à niveau de Grange Colombe ".

 

(1) Extrait du registre des délibérations du conseil municipal du 1er
septembre 1841, séance extraordinaire. Archives municipales de Rambouillet, série O II 223.
(2) Archives municipales de Rambouillet, série O II 223.
(3) Lettre de Lambert, maire de Rambouillet, au maire du Perray,
12 février 1883. Archives municipales de Rambouillet, série O II 223.


Fiche réalisée à l'occasion de la 19ème édition des Journées du Patrimoine, sous l'égide de la direction du développement culturel de la ville de Rambouillet.
Directeur de la publication : Jocelyne Bernard, Directeur du livre et des archives.
Conception et réalisation : Thierry Liot, Chargé de mission à la direction du développement culturel.
Tous droits réservés, Direction du développement culturel et Direction du livre et des archives.
Clichés photographiques sans mention particulière : Collections des archives municipales de Rambouillet (clichés Thierry Liot)


Médiathèque Florian, 5 Rue Gautherin 78120 Rambouillet. Tel : 01 61 08 61 10
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