Patrimoine et transports à Rambouillet. Premier valet de chambre et prévôt du régiment d'Infanterie du comte de Toulouse, puis commissaire de la Compagnie des gardes du duc du Maine, Valentin Gotting fait construire...

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Médaille de l'hiver. Collection Thierry Liot

19ème édition des Journées du Patrimoine
Patrimoine et transports à Rambouillet

Le Pavillon du Verger

Premier valet de chambre et prévôt du régiment d'Infanterie du comte de Toulouse, puis commissaire de la Compagnie des gardes du duc du Maine, Valentin Gotting fait construire en 1718 l'actuel pavillon, au milieu d'un grand jardin. L'inventaire de ses biens immobiliers à son décès en 1726 révèle l'existence de deux cabinets superposés. Dans celui du bas se trouvent réunis neuf tableaux (huit petits et un grand à plusieurs personnages), deux estampes aux effigies de Louis XIV et du duc du Maine, quatre consoles de bois animées de figures en plâtre et pots de faïence.


75 bouteilles de vin, " tant de Bourgogne que du Rhin (1) ", sont nichées sous l'escalier conduisant au cabinet le plus luxueux de l'ensemble, à l'étage supérieur. Ce cabinet est " meublé d'un lit de repos couvert de satin, d'un fauteuil, de quatre tabourets de tapisserie à gros grain et d'un cabinet de marqueterie (…) monté sur un pied doré qui lui servait de médaillier. Sur la cheminée, six enfants en bas-relief de bronze et deux de porcelaines. Vingt tableaux décoraient les murs, dont une Descente de croix, deux représentations de la Vierge Marie et une Décollation de saint Jean-Baptiste (2) ". Le 12 avril 1727, le comte de Toulouse se porte acquéreur du pavillon et de la parcelle de jardin attenante qu'il intègre à son potager. L'édifice est appelé pavillon du Verger vers 1786-1787, quand est réaménagé le jardin de l'ancien hôtel du gouvernement dès lors baptisé " le Verger ". Il est décrit dix ans plus tard comme étant " construit en pierre du pays avec mortier de chaux et sable, décoré en plâtre d'un socle, tables et refends avec un entablement modillonné, couvert en ardoise (3) ".

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Le pavillon du Verger renferme encore aujourd'hui un ravissant cabinet du 18ème siècle, dont l'attribution et la chronologie restent à confirmer dans le détail. Dix médaillons en stuc, encadrés chacun d'une guirlande de fleurs et suspendus par des rubans, ponctuent une pièce presque carrée. La guerre montre un enfant casqué sortant vainqueur d'un combat, son ennemi gisant à ses pieds, tandis que d' autres se battent au glaive un peu plus loin. Sur le médaillon de la paix, " deux guerriers se serrent la main (…) en prêtant serment sur un autel, et au second plan, un guerrier dépose à ses pieds (…) son bouclier décoré d'une gorgone, tandis qu'un autre apporte sur son épaule une cruche pour les libations (4) ".


L'intérieur du Pavillon du Verger Collection Thierry Liot


Le repos sur la gerbe coupée. Extrait du médaillon de l'été. Collection Thierry Liot

Les quatre saisons sont ensuite symbolisées par le travail de la terre (le printemps), la moisson et le repos sur une gerbe coupée (l'été), la cueillette des fruits (l'automne), le feu rassemblant et réchauffant les enfants toujours nus (l'hiver). Puis viennent les représentations de la pêche, de la chasse, et de la marine. Le dixième médaillon est une interprétation possible des Trois Grâces (avec Aglaé, Thalie et Euphrosyne, divinités gréco-romaines de la beauté).L'ico-nographie déployée constitue pour certains un parcours illustré des titres du comte de Toulouse ( la marine évoquerait le Grand Amiral de France, la chasse le Grand Veneur, la guerre et la paix sa carrière militaire), dont héritera par la suite le duc de Penthièvre.

Une chaussée à paver au temps du duc de Penthièvre le long du parc de Rambouillet. Philibert Trudaine (1733-1777) succède à Daniel Trudaine son père comme intendant des finances, avec les départements des fermes générales, du commerce, des manufactures, des ponts et chaussées. Le 20 mars 1771, il écrit à Monsieur de Cypierre " au sujet du mauvais état de la chaussée d'empierrement qui règne le long des murs du parc de Rambouillet et de la nécessité de la convertir en pavés de grès. Vous m'avez répondu qu'une partie du pavé nécessaire pour ce convertissement est voiturée sur la grande route depuis plusieurs années, et qu'on n'est resté dans l'inaction que parce que Monseigneur le duc de Penthièvre a témoigné beaucoup d'opposition à l'exécution de cet ouvrage. Cependant, Monsieur le Contrôleur Général renvoie journellement des plaintes sur le mauvais état de cette chaussée, et comme il est persuadé que ce prince ne désapprouve ce convertissement que parce qu'il ignore les avantages qui doivent en résulter, et le soulagement qu'en retireront les habitants du pays par la suppression de l'entretien annuel de l'empierrement, il me charge de vous recommander de suivre cette affaire avec toute l'attention possible à l'effet d'obtenir l'agrément de Monseigneur le duc de Penthièvre pour l'exécution de ce convertissement, et de l'informer du résultat de vos démarches auprès de lui. Signé Trudaine (5) ".


Copie de la lettre écrite par M. de Trudaine à M. de Cypierre, 20 mars 1771.

(1)(2)(3)(4) Blécon (J.), Palais et jardin du roi de Rome, pavillon du Verger, document manuscrit. Il convient de remercier ici M. Jean BLECON, dont les précieux renseignements alimentent cette notice.
(5) Copie de la lettre écrite par M. de Trudaine à M. de Cypierre, 20 mars 1771. Archives municipales de Rambouillet.


Fiche réalisée à l'occasion de la 19ème édition des Journées du Patrimoine, sous l'égide de la direction du développement culturel de la ville de Rambouillet.
Directeur de la publication : Jocelyne Bernard, Directeur du livre et des archives.
Conception et réalisation : Thierry Liot, Chargé de mission à la direction du développement culturel.
Tous droits réservés, Direction du développement culturel et Direction du livre et des archives.
Clichés photographiques sans mention particulière : Collections des archives municipales de Rambouillet (clichés Thierry Liot)


Médiathèque Florian, 5 Rue Gautherin 78120 Rambouillet. Tel : 01 61 08 61 10
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